un peu en retard le report des nuits sonores, mais c'est qu'il fallait le taper et nous sommes des gens très occupés chez electrochoc. en tout cas le voilà , accompagné de photos, et une fois n'est pas coutume et pour ne pas surcharger encore plus le report, nous avons aussi nourri la galerie photos pour ceux qui veulent aller plus loin. Un peu à l'arrache j'avoue mais je ferai de la retouche plus tard et du tri sans doute. ;)
Lorsque quelques jours avant le début des hostilités vous recevez votre accréditation pour les Nuits Sonores alors même que vous n’y croyiez plus, vous avez envie de sauter de joie, d’embrasser votre vieille tante : celle là même qui pique, puis de vous rouler nu dans la neige. Mais, revenant à la réalité, il vous faut faire briller la voiture, réserver un hôtel dans lequel vous savez que vous passerez peu de temps et surtout il vous faut motiver une joyeuse bande de camarades non accrédités pour vous accompagner dans ce week-end orgiaque, une mission pour le boue crew bien sûr.
Cela étant fait, nous arrivons à Lyon pour un 3eme week-end en si peu de temps, l’apéro sur les habituelles aires d’autoroute est bien passé et l’installation dans nos quartiers terminée. Encore une fois nous allons nous rappeler petit à petit comme nous aimons les lyonnais et leur ville si belle et tellement plus animée que Marseille et ses PMU crasseux.
Pour bien commencer notre périple, nous découvrons le village Mix move à la galerie des Terreaux, accompagnés par un mix sautillant de Club Amour nous faisons le tour des stands, buvons l’apéro, testons les nouvelles machines de guerre sonore, buvons l’apéro, retrouvons des amis, buvons l’apéro puis nous partons boire l’apéro, au cas où.
Ensuite, perdus dans le dense programme de ce jeudi soir où tout est gratuit nous nous rendons à l’apéro Divine rue de la Platière où dans quelques minutes Funkstörung et phon.O en duo non improvisé vont nous faire suer le premier litre d’eau du week-end avec déjà l’un des live électro hip-hop de l’année du jour. La rue est en folie, les gens nous offrent de la Vodka, s’extasient sur le masque d’ours que notre bande trimballe fièrement de soirées en festivals, l’amour est palpable tout le monde discute amicalement, bienvenue aux Nuits-Sonores.
Funkstorung & phon.O - Chaque soir chez moi j'en veux.
Ensuite il faut choisir car ce soir le programme est dense et entièrement gratuit, autant dire que les choix ne seront pas faciles à faire. Nous nous décidons pour le
Ninkasi à Gerland où à notre arrivée
Karlit et Kabok entament la moustafette sur la terrasse, comme pour nous souhaiter la bienvenue. Dans la salle du café l’anglais de
Hello affublé d’un casque paye avec gentillesse son live 8bit sautillant mais déjà celui que l’on nous avait annoncé comme le phénomène absolu des platines prend en main ses deux appendices CD.
Freddy Fresh va nous entraîner pour environ deux heures de folie, bien aidé par la bière brassée maison mais surtout par son talent unique de selector et de technicien qualifié. Du hip-hop au break à la jungle en passant par le funk, dans le désordre et avec talent, le scratch en prime. Un disque par minute, du snoop, du Prince, du Michael Jackson de la salsa et des vieux tubes et des nouveautés et des raretés et de l’énergie. Appellez-le maitre Freddy.
Freddy Fresh : « Last Night a DJ saved my life »
Aux Nuits Sonores on a pas le droit de se reposer sur ses lauriers, déjà il faut abandonner l’accueillante place pour retraverser la ville en direction du Transbordeur car bien évidemment j’ai décidé de faire découvrir cette salle mythique à mes amis, sur fond de live de
The Silures. Nous sommes piles à l’heure, il me semble que nous avons même eu le temps de boire l’apéro version alcool qui lave sèchement avant de rentrer. Il est 3h du matin et le début du live de
The Silures ne laisse pas présager grand-chose de bon, c’est mou pour l’heure,
Linda Lamb est mignonne en cosmaugirlnaute mais un peu insignifiante pas aidée qu’elle est par un technicien qui la laisse dans le noir. On s’ennuie. Puis soudain alors que la demoiselle quitte la scène, il ya un
Dima qui s’éveille dans ce
Vitalic là et même si d’aucuns diront que ce n’était pas un bon live, que le monsieur a fait tourner un set enregistré, nous attaquons sur les gradins des bons de 1m de haut, surplombant la foule. C’est pour nous le second live de l’année du jour, notre petit groupe est en sueur, encore, le sourire aux lèvres et je pense pouvoir affirmer que jamais depuis 1998 et les lives de
Dima ce monsieur ne m’avait autant retourné les oreilles. Ca tape, ça acidifie, les classiques sont re-punchés. On kiff vegra.
Vidés de toute énergie ça sera très dur ensuite d’apprécier le live très Dancefloor Killer de
Jonathann Cast ou même le bon live electro-tek de
Da Fresh ou encore le set à 4 mains de
Marc Twins et Gwenn Labarta. Les jambes n’y sont plus et même si nous retraversons toute la ville pour aller tenter de récupérer les défenseurs « Breakeubite » de notre bandounette à la soirée DeLaBreak de
Flore au skate-park de Gerland,
nous ne sommes pas si mécontents d’y trouver porte close. L’heure est au repos car la route est encore longue, ce qui ne nous empêchera pas d’aller boire l’apéro dans une de nos chambres d’hôtel bien sur. Pour bien dormir.
Le second soir, il faut repartir à l’assaut et c’est déjà bien plus difficile. Certains rendent leurs tripes au réveil pour se préparer un estomac neuf pour la soirée, d’autres ne décolleront pas du lit avant le soir, mais motivés que nous sommes toujours nous réunissons un groupe suffisant pour aller boire l’apéro rapidement rue Royale pour la Royale Comedy Party .. vite fait car c’est moyennement intéressant, ensuite nous décidons de laisser nos oreilles se reposer et d’aller faire visiter la ville à ceux dont c’est le dépucelage lyonnais.
Après l’apéro il faut foncer tant bien que mal, c’est notre première soirée au Port Rambaud et c’est Tepr qui ouvrira le bal à 21h30.
Pour rejoindre le lieu de la soirée depuis l’Ibis Gerland, il faut arpenter en entier ce que nous appellerons désormais la « rue des 52 putes » en référence au nombre de camions compté au retour. Un vrai moment de dépaysement même si vous aviez été prévenus par votre réceptionniste sympa.
Le port Rambaud – Sucrière, c’est un endroit assez magique, industriel, gigantesque, en bord de Saône où les organisateurs ont dégagé trois grandes salles pour faire les concerts. Rien que pour aller de la plus près de l’entrée à celle qui en est le plus éloignée il faut de nombreuses minutes de marche pas aidés que vous êtes par les donneurs ambulants de Burn, merci à eux et désolé pour le mal qu’on leur a causé tout le long de ces deux soirs. Il faut aussi compter sur les nombreuses rencontres avec des gens qui veulent toucher l’ours et ne pas oublier de s’arrêter chaque fois devant le container musical et vidéo pour demander la libération de l’artiste emprisonné dedans. Mais une fois cela fait pour la première fois, nous fûmes à l’heure pour le début du live de Tepr perché sur sa scène. Tanguy est comme toujours irréprochable, péchu, motivé, sautillant et je suis déjà complètement trempé lorsque annonçant qu’il va quand même en jouer une dernière il nous envoie live son remix du short dick cuiz de Yel. La salle se remplit peu à peu vers la fin du live et personne ne reste indifférent même s’il me semble que l’heure était plutôt mal choisie pour une aussi belle performance.
Tepr sur son perchoir.
Ensuite, n’attendant rien de spécial ce soir là nous allons tous errer au hasard, boire des fraisito, des manguitos et autres cocktails à base de vin. Il y aura un live sympathique de
Nathan Fake, du bon
Trentmoller. The Hacker fera du The Hacker aux platines (trois petits points). Puis
Les Georges Leningrad vont nous échauffer en règle avec leur jeu de scène déjanté avant que je puisse vivre mon premier live de
Vive La Fête. C’est fantastique VLF car déjà que je suis fan de leurs morceaux sur vynils, cds ou cassettes alors voir la plantureuse blonde se déchaîner sur scène est un plaisir des yeux et des oreilles malgré les têtes de popeux de ses acolytes et sans compter cette remarque que je lâcherai plus tard : "Khima France est vachement plus marrante quand même dans le genre blonde".
Pop Blonde Punk
Ensuite le live de
Paral-lel mes amis myspace est vachement bien. Puis
Agoria fait comme The Hacker, sans commentaires. Mais là, alors que nous n’avions pas exploré la scène 1, à part pour se rendre compte que
Alan Vega est super bizarre, vient en fin de soirée la révélation colorée et lumineuse :
My Robot Friend qui fera dire à mon ami l’Ours
« putain nous on se fait mal déjà mais alors lui j’imagine pas ce qu’il a du prendre pour devenir comme ça ». Les américains font toujours tout en plus grand, ils ne peuvent pas se contenter de faire un live techno sur une scène de Province, il faut qu’il y ait un costume lumineux, des clignotements, de la pyrotechnie, de l’art vidéo et des jets de sperme de papier. Des voix robotisée, un show automate, des accessoires et une demi heure de plaisir plus tard, nous n’en revenons encore pas que des gens se donnent autant de mal pour notre plaisir là où d’autres envoient leur live ou leurs disques (hein michel…) en faisant la gueule. Et l’ami machiniste de mon ami le robot envoie de la bonne grosse techno, heureusement car sinon le pas vers le ridicule serait vite franchi. Après un petit bout de set de
Why Alex Why ?, il est temps d’emprunter le chemin des 52 putes en sens inverse pour rentrer.
Le 3ème jours, levés frais et dispo car reposés après la fougue de nos débuts lyonnais, nous sommes d’attaque pour partir à l’assaut de la guinguette électro. Enfin je déconne : bien sur on était éclatés grave. La guinguette, rue de l’arbre sec c’est bien, car nous avons pu manger au café 203 tout en écoutant un peu de son amicalement offert par la jolie Ultrajaimie aux platines.

UltraCute Ultrajaimie à la guinguette
Puis une fois la traditionnelle poire engloutie nous pouvons nous dégourdir un peu les jambes au milieu de la foule colorée heureuse de se trémousser au soleil sur le set de
Dj Love, étoile des nuits lyonnaises. Une course en Tuk-Tuk électrique à pédales Lyonnais plus tard et une fois que le gardien du Parc du musée des beaux-arts aura fermé à cause (sans doute) de l’ours en tongs dans sa fontaine et du débordement de joie émanant de notre groupe nous pouvons aller traquer
Flore avec une bouteille de Scratch Gel WC (
for more fresh) mascotte de ce samedi. La djette mixe directos sur la place des terreaux ou presque et accompagne parfaitement devinez quoi ? un apéro ouais, à la sangria. Tout va bien.
Flore featuring l'Ours et le Scratch WC
Direction le port Rambaud pour la dernière soirée, la police n’apprécie pas le Gel WC scratch dans les toilettes et nous fait perdre un peu de temps en contrôles divers et démonstrations d’intelligence dans le métro mais rien ne nous empêchera d’être à l’heure pour voir la fin de la
Finale DMC. Le port Rambaud semble deux fois plus bondé que la veille mais ne l’est pas vraiment (7700 personnes contre 5500). La tension monte car ce soir il y a du beau monde attendu. Encore le Burn coule à flots.
Doseone a un bon flow mais
Subtle n’est pas fantastique à regarder. Je déserte la scène du
Peuple de l’herbe tant il semble que tous les festivaliers soient venus pour eux, claustrophobie mon amie.
Siskid,
[T]ékël et
Automat font chacun leur tour des trucs sympas. Et vous remarquerez que ce report devient moins dense depuis un moment, car j’avais cessé de prendre des notes et que bien évidemment n’étant pas une machine, les apéros pesaient sur ma vision et désormais sur ma mémoire.
Mais s’il y a des choses que je me rappelle c’est par exemple que ce soir là j’ai vu
Qbert en vrai. Accroché aux barrières, écarquillé, Il existe. Il est le scratch. On dira ce qu’on veut ce mec est impressionnant, incroyable, au dessus de tout. Pour un scratcheur, voir Q ça doit un peu être comme voir André Rieu pour une vieille vivant dans une maison de retraite : une révélation. Pour ceux qui ne l’auraient jamais vu je peux confirmer : il est comme dans les vidéos, aussi rapide et tout. Believe it !
Qbert : this man is real !!!
Pour mon premier déplacement dans la lointaine grande salle (libérez le mec du container bordel) je peux apprécier un live simple et efficace de
Alex Smoke. Mais déjà il faut faire demi tour pour ne rien rater car
Justice joue de l’autre coté un set sacrément efficace, comme à la maison j’ai envie de dire limite avec mes disques. Il faudra faire vite pour observer une minute ou deux du set de
Andrew Weatherall, trop court, tanpis, une prochaine fois à electromind par exemple. Oui car il est presque 4h à ce moment là et comme affiché de partout dans les salles, nous arrivons à la fin de mon compte à rebours « 2 jours avant para one » « 4h avant para one » « 20 minutes avant para one ». Et
Para One est là en cravate et verste noire, remonté à fond pour ce qui sera un des meilleurs lives du week end. On s’est fait paraoniser grave comme on dit. A en perdre la raison ce live est bon, ce live est grand tant qu’il m’en fait oublier d’aller ne serai-ce que jeter un œil à
Coldcut que je rêve pourtant de voir depuis de magnifiques lurettes.
Paraonise moi jusqu'Ã la moelle
Après ça plus rien ne compte ni le pourtant très bon live de
John Lord Fonda, ni l’excellent set d’
Adam Freeland ni même de rencontrer des amis polaks, ni même d’aller faire du vélo dans Lyon. Nous partirons au soleil coucher les futurs conducteurs pendant que les guerriers de la vie finiront dans le parc en face de l’hôtel à siroter un dernier apéro jusqu’à 13h en évoquant de doux souvenirs de teuf. Puis il faut rendre la chambre et se rendre à l’évidence que malgré les recommandations lyonnaises il ne serait pas raisonnable de participer aux siestes sonores. Alors c’est le chemin du retour que nous empruntons, des rayons pleins la tête et le sourire aux lèvres, on chante dans la voiture et on se jure de revenir l’année prochaine. Et bien sur en route on oublie pas les arrêts traditionnels sur des aires désormais connues, histoire de boire l’apéro tu vois …
L'Ours, idole de vos nuits...