Bleu Bird/ Kid Koala – confort moderne – Poitiers – 31/05/07
Petite chronique du concert de Bleu Bird/ Kid Koala, jeudi 31/05/07
Confort moderne, « lieu d’effervescence culturel » (ndr) poitevin, ce soir, on vient voir Bleu Bird
et Kid Koala.
Bleu Bird, inconnu au bataillon…
Kid Koala, le fameux Dj/ turntablist d’origine américaine (résident au Canada), on connaissait
déjà , notamment pour le fameux « Drunk Trompet » live ou ses albums et mix tapes signés sur
Ninja Tune. On se souvient de ces airs hawaïen ou style New Orléans passés avec souplesse
à la MK2. On avait trouvée intéressante, amusante et originale cette idée de joindre à l’avant
dernier cd une petite bd et un jeu d’échec de voyage (à découper soit même).
Kid Koala, le Dj à la technique parfaite et tranquille… Si tranquille que parfois, on trouvait
certaines longueurs dans les cds… si bien qu’on en oubliait que les dix doigts d’un Dj
sont entrain de s’affoler sur les platines…
9h30, ça y est, une voix annonce que le concert de Bleu Bird a commencé, on rentre. Le
MC est déjà à fond, les basses résonnent, on s’approche et on écoute. Première impression,
l’instrumental est un peu dirty mais bon, le flow est étrange… En fait difficile de parler de flow.
Sans être négatif, on parlera de diarrhée verbale. L’ovni Bleu Bird débite son texte au kilomètre
sans se soucier du rythme qui l’accompagne, au début, ça surprend un peu. Et puis au fur et
à mesure, on se rend compte, lors de ses grands soliloques entre deux morceaux, qu’il tient
autant du slameur que du mc. On ne comprend pas tous aux paroles du Canadien mais à priori,
il est plutôt du genre engagé.
En tous cas, il ne manque pas d’humour, notamment quand il prendra le téléphone portable
d’une personne du public qui recevait un appel pour dire : « Maman ! Mais où as-tu trouvé
le moyen de me joindre ! » ou encore lorsqu’il nous expliquera que sa mère lui dît un jour :
« Mon fils, si tu passais autant de temps à écrire tes textes qu’à travailler, tu aurais pu devenir
médecin ».
Pour l’anecdote, le Dj qui l’accompagnait était en fait un lecteur cd portable…original.
En bref, un show assez surprenant mais révisez bien votre anglais pour saisir toute la dimension
du phénomène.
10h15, 10h30 ? Nouvelle annonce, le concert de Kid Koala va commencer. On rentre, on
s’approche autant qu’on peut, la salle est cette fois presque pleine. Le matos est là , à première
vue, il roule en Technics et Rane.
Quelques instants d’attente et le voilà . Le Dj à la tête d’enfant éternel apparaît, le public
l’accueil à grand coups d’applaudissements, mais contrairement aux vidéos que l’on a déjà pu
voir, il ne sourit pas, l’air tellement sérieux que le silence tombe, l’ambiance en devient presque
religieuse. Alors il s’approche de ses platines, esquisse un mouvement de va et vient sur son
disque, un son scratchi en ressort et soudain, le bout de ses lèvres rejoignent le bout de ses
oreilles, un sourire juvénile se dessine, le show peut commencer…
Et il faut bien parler de Show avec un grand S. Peu habitués aux démonstrations de techniques
débridées du grand Kid, nos oreilles, nos yeux et mes à prioris en ont pris un sacré coup. En
réalité, nous avons eu le droit à un mixtablized de 1h30. Pass pass, beat juggling, scratches
sauce Kid Koala, tous les standards du turntablism y sont passés mais le but n’était pas de nous
faire une démonstration féroce de son habileté mais plutôt de mettre ses platines au service
de la musique.
Car Eric San, de son vrai nom, est aussi un génialissime mixeur. Et sa technique mise au service
de sa musicalité donne un résultat assez explosif. Enchaînant morceaux de pur blues avec du
hip hop pour arriver à des sonorités jazzy agrémentées de riffs de guitare, d’un morceaux genre
« Muddy waters » à un A Tribe Called Quest suivi d’un Björk, avec entre les trois un morceau de
Dj Shadow le Kid à défié la loi des genres pour créer un tout étonnamment cohérent.
Pour l’ordre, je ne me souviens plus vraiment mais c’est pas étonnant. Le site de Ninja Tune
annonçait un mix de 90 minutes avec environs 100 morceaux…Du coup, je ne regrette vraiment
pas 2many dj’s qui passait le même soir.
Décidé à nous surprendre mais après nous avoir prévenus que le son allait devenir un peu plus
« lourd », il s’est amusé à nous balancer des morceaux carrément heavy métal qui m’auraient
habituellement donné un peu d’urticaire mais là , c’était simplement jouissif. Surtout lorsqu’il
mélangera ce style à de la Drum’n Bass agrémenté de srcatchs… pfff... encore, si il avait pas
enchaîné sur «fuck u i won’t do what you tell me»» de RATM, j’aurais pas frôlé la crise cardiaque
mais là … j’en étais proche.
Comme autre moment mémorable, on retiendra en particulier ce passage énorme où il a mixé
en même temps un vocal de A Tribe Called Quest avec… Abesses des Frenchy de Birdy Nam
Nam… si si…je vous assure, j’y étais. Pour terminer cette petite chronique, je dirais simplement
que le concert fût mémorable. Un moment funky, hip-hop old school, rock, jazzy et plus encore
avec la pointe de créativité du Dj qui pourrait réellement faire aimer le hip hop à votre mère.
Ah oui, car j’oubliais, le concert faisait suite à la sortie de son dernier album, «
Your Mom’s
Favorite DJ » qui malheureusement n’a pas grand-chose à voir avec le live.
Article et photos par Vincent pour electrochoc.
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